La démission du pape Benoît XVI

Présentation du sujet

Le 11 février 2013, après 8 ans de pontificat, Benoît XVI annonce qu’il renonce à ses fonctions de Pape. « Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère pétrinien » a indiqué le pape, en latin, lors d’un consistoire au Vatican. En 2010, il avait déjà évoqué sa démission dans Le sel de la terre : « Quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer. »

Cette disposition est un fait rarissime dans l’histoire de la papauté mais elle est prévue par le code de droit canonique. En effet, cela faisait 600 ans qu’une telle chose ne s’était plus produite, il s’agissait de Grégoire XII en 1415. Au-delà de cet aspect extraordinaire, ce renoncement pose plusieurs questions quant à l’avenir de la Curie, du Vatican et de l’Église catholique en général. Quels sont alors les enjeux de cette démission ?

Manon Suchet

Les enjeux

Tout d’abord, l’Église catholique connaît plusieurs difficultés au sein même de son organisation. Deux camps s’opposent (essentiellement dans les pays occidentaux) : les « modernistes » réclament davantage de démocratie en interne, des réformes quant à la papauté, au mariage des prêtres, l’ordination des femmes et le recrutement de personnes laïques au sein des paroisses associées à des missions à responsabilités. Toutes ces mesures viseraient ainsi à insuffler un nouveau regain de vocation alors que l’Église connaît un net recul dans les pays occidentaux.

Les « lefebvristes » ou « traditionnalistes » tiennent à revenir à des pratiques anciennes comme le retour à la messe de rite tridentin (forme du rite romain employée dans l’Église catholique entre le concile de Trente et la réforme liturgique entreprise par Paul VI à la fin des années 1960) qui exige également l’utilisation du latin, des chants grégoriens et que le prêtre tourne le dos à l’Assemblée.

En dehors de ces désaccords, l’Eglise catholique connaît aussi des difficultés dans des régions comme l’Inde, l’Afrique ou l’Amérique latine où l’enracinement des cultures locales amène souvent les catholiques à passer au pentecôtisme (mouvance protestante évangélique se différenciant des autres par l’importance donnée aux dons du Saint-Esprit) ou à se convertir à l’Islam, ce qui rend d’ailleurs la dialogue difficile entre ces deux religions et leurs représentants.

Durant ces dernières années, l’Eglise Catholique a également connu de nombreux scandales liés aux abus sexuels, à la pédophilie mais aussi à la finance du Vatican et à la corruption (notamment le scandale du Vatileaks). Ces affaires ont entaché l’image de l’institution et le prédécesseur de Benoît XVI devra sûrement assurer une meilleure transparence.

Enfin, le prochain pape fera face aux mêmes évolutions de mœurs que Jean-Paul II et Benoît XVI. Le mariage gay, la bioéthique, l’avortement ou l’euthanasie seront des sujets à aborder peut-être de façon plus conciliante si l’Eglise veut rassembler les jeunes catholiques qui ne sont pas en phase avec ses positions.

Sara Besanceney

Le choix du sujet et des supports.

Traiter la démission du pape était pour nous l’occasion d’en apprendre plus sur le sujet et sur le mode de fonctionnement de cet État si particulier qu’est le Vatican. De plus, l’événement étant exceptionnel, nous ne pouvions pas passer à côté. C’est également l’occasion de comprendre ce qu’est l’Église aujourd’hui, ce qui la divise et ce qui la rassemble ainsi que ses idées…

Enfin, nous avons voulu traiter ce sujet pour voir comment les différents journaux réagissent face à une thématique aussi fondamentale et conservatrice qu’est la religion.

Nous avons choisi de traiter ce sujet au travers de 3 journaux différents : Le Monde, Le Figaro et Libération. Le Monde sera le journal de référence car il est aujourd’hui plus positionné au centre qu’à gauche comme il le fut par le passé.

Par ailleurs, nous avons sélectionné Le Figaro et Libération pour exposer le clivage gauche/droite, qui reste très présent, surtout sur un sujet comme celui-ci.

De plus, nous avons choisi exclusivement le support papier pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous voulions nous consacrer à des articles de fond, qui sont assez longs, et qui sont plus faciles à lire sur le papier. De plus, nous avions peur que ces articles de fond soient payants sur internet. Nous avons donc profité de la chance de pouvoir avoir à notre disposition gratuitement ces articles à la bibliothèque universitaire de l’IUT.

Enfin, les articles papiers étant plus longs, il est plus facile de comprendre et d’appréhender la ligne éditoriale du journal et ses idées principales.

Manon Vitrac




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